Amadou Hampate est une personnalité dont les œuvres m’ont marqué et fasciné depuis mon enfance au l'école primaire. Il est un immense plaisir et un honneur pour moi de revenir sur celui qui se fit le défenseur de l’oralité africaine et de ses traditions. Cet historien, maitre de la tradition orale ; était aussi un pluridisciplinaire qui a su partagé son savoir et perpétué la culture traditionnelle. Préserver le savoir séculaire africain, tel fut le combat auquel se dévoua corps et âme Amadou Hampaté Ba tout le long de sa vie, et toute son œuvre aura eu pour but ultime de contribuer à une compréhension profonde et authentique des cultures traditionnelles africaines en général.
Hampâté naquit vers 1900 à Bandiagara, dans le Mali actuel, dans une famille aristocratique peule. Très tôt orphelin de père (dont il a pris le nom Hampâté BA), il suivra d’abord sa mère (Kadidja Pâté Poullo)et son père adoptif Tidjani Amadou Ali Thiam à Bougouni, en pays Bambara, où il commencera son initiation coranique sous l’autorité de Tierno Kounta. Il reviendra en 1908 à dans sa ville natale de Bandiagara, et il continuera son instruction à l’école coranique de Tierno Bokar, qui deviendra plus tard son Maître spirituel.
Hampâté frequenta l’école française : en effet, les français avaient pris l’habitude à cette époque de forcer tous les dignitaires à envoyer leurs enfants dans leurs écoles, afin de préparer au plus tôt les futures générations régnantes à une collaboration plus étroite et plus docile avec l’administration coloniale. Dès 1912 donc, Amadou Hampaté Ba y fera ses classes, à Bandiagara puis à Djenné : il obtiendra son certificat d’études en 1915. Il complètera ses études à Bamako avec un autre certificat d’études (1917) et avec le diplôme de l’Ecole Professionnelle qui lui donne accès à l’Ecole Normale William Ponty de Gorée (1921). Amadou Hampaté Ba refusera pourtant d’aller à Gorée : cela lui vaudra une affectation disciplinaire à Ouagadougou, au Burkina-Faso actuel. Il travaillera dans l’administration coloniale au Burkina et au Mali pendant les vingt années qui suivront, jusqu’en 1942.
En 1933, il profite d’un congé de 8 mois pour se retirer auprès de son maître spirituel, Tierno Bokar, “Le sage de Bandiagara”. Cette retraite spirituelle lui permettra de retranscrire la parole et l’enseignement du Maître. Il soumettra cinq ans plus tard ce manuscrit à l’anthropologue Théodore Monod, qui le fera publier. Une amitié se scelle alors entre les deux hommes, et Monod le fait affecter auprès de lui à Dakar en 1942, en tant que chercheur à l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN). Il y travaillera jusqu’à l’orée des années 60, focalisant ses recherches sur le thème de la culture dans des civilisations de l’Afrique occidentale.
Amadou Hampaté Ba décéda le 15 mai 1991. L’histoire et l’humanité retiendront de cet érudit autodidacte cette citation qui a fait sa célébrité: “En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. “ Il faudra souligner également que, Amadou Hampâté Ba devra rester et demeurer dans les esprits comme le plus grand conteur de la littérature africaine, l’un de ses poètes les plus doués, comme l’un des intellectuels les plus érudits et les plus pluridisciplinaires de son temps, et surtout comme l’un des meilleurs joyaux du système éducatif traditionnel africain.
L’écriture est une chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme; héritage de ce qui lui a été transmis. La parole est l’homme. Le verbe est créateur. Il maintient l’homme dans sa nature propre.
Je ne saurais terminer cet hommage à Hampâté BA sans y associer mon très cher ami Almamy Camara en qui j’ai trouvé une sagesse inégalée. J’ai connu Almamy en 2005 à Lille, en France, lors de mes études ; j’ai découvert en lui des qualités exceptionnelles et une passion inconditionnelle pour la culture traditionnelle. Partageant le même Amour pour l’histoire et la civilisation traditionnelle avec mon frère Almamy, je lui dédie cet hommage qui est aussi le sien.
Hampâté disait également: "« Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poètes !".
Parmi les œuvres de Amadou Hampaté BA sur sa biographie : « Amkoullel l’enfant peul » et « Oui mon commandant ! ».
FAROUGOU MO HADJA BINTOU
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TANT QU'IL Y A UNE POSSIBILITÉ POUR LA PAIX, N'OPTONS PAS POUR LA VIOLENCE. TANT QU'ON PEUT FAIRE DU BIEN N'OPTONS PAS POUR LE MAL.La Solidarité des Peuples est plus forte que l'egoïsme des Nations.
I believe that solidarity between peoples is stronger than the selfishness of nations...
FAROUGOU MO HADJA BINTOU
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