Apres un mois d’abstinence, de jeune, les musulmans à travers le monde célèbrent ce vendredi 10 septembre 2010 la fête de l’EID. Cette fête est une grande occasion de retrouvaille entre familles, amis, connaissances, …
Je me permets d’évoquer ce que représentait cette fête pour moi quand j’étais un petit garçon dans un petit village à Pita. Quel âge avais-je ? 5 ans ? 6 ans ? 7 ans… ??? Je ne me rappelle pas. Mais je suis sûr que j’avais moins de 9 ans. Si la fête représentait la rupture du jeune pour les adultes, c’était une fête particulière pour nous les jeunes garçons. Le plus important pour nous était tout d’abord les habits de fête qu’on appelé « Tchontchi Djouldé ». Dès le début du Ramadan on rappelait à chaque fois mon père, de nous acheter les « Tchontchi Djouldé». Alors il cherchait un grand tissu, qu’il devrait donner à un oncle qui était tailleur pour nous coudre des complets. On venait chez l’oncle pour prendre les mesures. Après la prise de mesure, il nous disait le jour lequel on doit revenir pour récupérer nos complets de fête. Je me rappelle qu’on revenait après la prise de mesure une ou deux heures plus tard pour lui demander s’il n’avait pas fini. On revenait au moins une ou deux fois par jour pour vérifier s’il n’avait pas fini. Paradoxalement, il prenait plus de temps que prévu, il arrivait qu’il ne nous délivrait les complets que la veille de la fête. Le jour de la fête, on se levait trop tôt, pour aller se laver à la rivière « Guessorè » avec une température assez froide. Mais on ne s’en apercevait pas, car on était emporté par l’ambiance de la fête. De retour à la maison, on prenait le petit déjeuner et s’habillait pour aller rejoindre mon père vers 8 :30 du matin. Le lieu de la prière était situé à environs 3km de notre village. C’est un lieu qui n’était pas bâti, mais grand, pouvant accueillir environ au moins 200 ou 300 personnes. Tout le monde se connaissait et donc on savait l’absence ou le retard de chaque personne. Bien entendu l’absence ou le retard d’un sage et non des petits comme nous. Mon père n’étais pas l’imam, mais il était un Eridu, un sage respecté et rien ne se passait à son absence ou sans son consentement. Pour le retour, on revenait entre potes, c'est-à-dire on se séparait de mon père pour pouvoir évoquer nos petits trucs.
Il est de notre tradition que nos mères nous préparent un repas de fête « Gniri Djouldé ». Ce repas généralement à base de viande, doit être partagé avec tous les amis. On s’organisait ou plutôt nos ainés étaient organisés de telle sorte qu’ils réservaient une chambre dans une maison inhabitée chez un oncle. Chaque jeune du village devait ramener son repas pour le partager avec les autres. Donc ma maman, une fois qu’elle finissait de préparer, elle mettait un repas dans un grand bol, pour ce qui allait représenter le « Gniri Djouldé » de mon frère et moi. Ce repas sera présenté aux autres comme étant notre (mon frère et moi) part de contribution. Ces repas allaient être réunis et comptés avant qu’on ne les mange. Les filles généralement mes cousines et mes sœurs, elles aussi avaient une organisation quasi identique à la notre. Mais, il faut le dire, elles étaient mieux organisées que nous….
Une autre chose, c’est ce que mes frères et cousins cotisaient des petits sous pour organiser une soirée dansante le jour de la fête. L’argent cotisé permettait de payer des piles pour faire jouer une radio qu’on empruntait chez une tante. Cette soirée était tolérée dans des limites, et on ne devait pas faire de bruits. Il ya une chose que les parents ne savaient pas, c’est que mes frères et cousins invitaient mes cousines et mes sœurs pour venir participer à la soirée dansante. Cette soirée sous forme d’un bal avec une radio à pile me faisait beaucoup plaisir. Vu mon âge et celui de mes copains (cousins), il arrivait que nos ainés ne veulent pas qu’on entre dans la soirée, ou qu’ils nous autorisent seulement à y rester jusqu’à un certain moment. Malin, je négociais avec ma mère pour qu’elle conditionne la participation de mon frère à mon acceptation dans toutes les phases de la fête. C’est après donc l’engagement de mon frère à plaider au prés de ses amis pour qu’on me laisse entrer, que ma mère lui donner l’argent pour sa contribution. Donc une fois dans la soirée, il négociait souvent avec succès mon entrée ainsi que pour mes copains d’âge. Mon frère n’était pas le plus influant, mais le plus fort,…
Ces soirées connaissaient tellement de succès qu’on s’arrangeait à organiser un 2eme bal le lendemain de la fête, si on n’a pas bien sûr épuisé toutes les piles. Ce 2eme bal n’était pas du tout toléré car les bruits dérangeaient dans le village, donc mon oncle ne nous autorisait que pour une seule nuit. Je me rappelle qu’une fois, il est venu nous chasser, car le permis qu’il avait accordé à mes frères avait expiré lors de la 1ere soirée. On s’était dit d’aller dans notre concession (celle de mon père) vue qu’il ya une maison inhabité et que probablement mon père ne se rendrait pas compte le lendemain. Mon frère avait estimé qu’on ne ferait pas de bruit et donc que mon père n’allait pas se réveiller. On est venu on s’est installé, on a fermé la porte, on a mis la musique, on commencé à danser. Je me rappelle que je dansais avec une cousine et que j’étais à fond quand mon père a toqué à la porte. Mon frère a demandé qui toquait à la porte, mon père lui a demandé d’ouvrir la porte,… d’un coup la panique : on a tout abandonné et on s’est sauvé par la fenêtre. J’étais dégouté car j’étais à fond dans la danse avec ma cousine, mais je n’avais aucune arrière pensée dans la tête, du genre je vais la draguer. L’essentiel était de profiter de cette rare occasion de détente et de plaisir pour se divertir… Mon âge aussi peut-être ne permettait pas de penser à autre chose que la danse.
Ces époques, sont certainement les meilleures époques de ma vie, je ne les oublierai jamais. J’aimerais tant les revivre mais les choses ont changé et aujourd’hui j’ai grandi. Cette enfance dans ce cercle familial m’a beaucoup appris et me manquera toujours et toujours.
Farougou mo Hadja Bintou
1. 14/09/2010
C'est genial......
C'est adorable
TANT QU'IL Y A UNE POSSIBILITÉ POUR LA PAIX, N'OPTONS PAS POUR LA VIOLENCE. TANT QU'ON PEUT FAIRE DU BIEN N'OPTONS PAS POUR LE MAL.La Solidarité des Peuples est plus forte que l'egoïsme des Nations.
I believe that solidarity between peoples is stronger than the selfishness of nations...
FAROUGOU MO HADJA BINTOU
Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite.