Je veux partir au Foutah
Il y’a presque 7 ans, je quittais les terres de mes ancêtres pour la première de ma vie. Il y’a presque 7 ans, pour une première fois je quittais les miens pour une destination loin de mon village, et d’ailleurs de mon pays, la Guinée, que j’aime tant. Il y’a presque 7 ans, alors que je n’étais qu’un jeune homme à peine la vingtaine, très excité, très insoucieux, je partais à la découverte d’un autre continent, d’un autre peuple, d’un autre climat, d’une autre culture,… bref d’un autre monde, à la quête du savoir. Je ne savais que j’allais passer tant d’années loin de celles et ceux qui m’ont vu grandir, loin de mes amis d’enfance, loin de mon petit village situé au plus profond de Pita. Sans le moindre doute, si mes parents savaient que l’école durerait tant d’années et m’amènerait si loin, ils ne m’auraient pas, peut-être, laissé fréquenter cette école française, cette école des blancs, cette école des fonctionnaires…
Il y’a presque 7 ans, la quête du savoir m’a fait atterrir, dans un nouveau climat, au matin du 26 Aout 2005, à l’Aéroport Charles Des Gaules de Paris, en France. Si le monde demeure un mystère, l’aventure reste un sacrifice moral. L’aventure est difficile, voire très difficile. On vit loin des gens qu’on a toujours côtoyés, admirés et chéris. On est presqu’en manque de quelque chose dont on ne sait réellement comment exprimer ou satisfaire du fait de cette distance qui vous sépare de vos siens. Le mal du pays vous guète.
Je veux partir au Foutah, revoir les miens, voir comment les choses ont changé. Je veux aller au Foutah, emprunter ces ruelles étroites entre nos concessions, emprunter ces sentiers qui mènent à notre rivière et aux villages environnants. Je veux aller à Pita, respirer l’air de Pita, déjeuner avec le « quinquelibat » et le pain traditionnel « tapa lapa » de Pita. Je veux aller me frotter aux gens lors des marchés hebdomadaires de Maci, dont le jour du marché est Mardi, et de Gongoré, dont le jour est jeudi. Le principe de fonctionnement de ces marchés est que les habitants des villages environnants se retrouvent pour marchander. Chacun emmène ce qu’il a avec lui, et le vend, et après il se procure avec cet argent des nouveaux articles dont il avait besoin. C’est comme le troc, avec de l’argent.
J’ai envie d’aller retrouver cette vie sociale très riche, avec une ambiance chaude et courtoise presqu’à la démesure. Je veux retourner vers ces lieux dans lesquels j’ai passé mon enfance. Je veux aller discuter de tout et de rien avec ma sœur Djalikatou et ma nièce Hadja Bintou. Je veux revivre le bonheur de vivre parmi mes frères, mes amis, mes tantes, mes oncles, mes neveux, mes nièces, mes cousins, mes cousines, … bref ma famille. Je veux aller vivre ce climat doux où je n’ai besoin ni de chauffage, ni de l’eau chaude pour le bain, ni de manteau.
Je veux revenir dans ce village où chaque visage que je rencontrerai me rappellera une personne avec un souvenir ou une histoire vécue ensemble. Cette ambiance feutrée, variée et très enrichissante de Conakry me manque. Je veux aller revoir ces femmes courageuses et battantes du marché Madina, leur dire toute mon admiration.
Il y’a presque 7 ans, je quittais la Guinée, maintenant je vais pouvoir bientôt y retourner, me régénérer, me ressourcer, refaire les traces de mon enfance à Pita. Il me tarde ce premier pas dans ce cercle familial.
FAROUGOU MO HADJA BINTOU




ème visiteurTANT QU'IL Y A UNE POSSIBILITÉ POUR LA PAIX, N'OPTONS PAS POUR LA VIOLENCE. TANT QU'ON PEUT FAIRE DU BIEN N'OPTONS PAS POUR LE MAL.La Solidarité des Peuples est plus forte que l'egoïsme des Nations.
I believe that solidarity between peoples is stronger than the selfishness of nations...
FAROUGOU MO HADJA BINTOU
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