Comment prévenir les coups d’Etat en Afrique?

Comment prévenir les coups d’Etat en Afrique?

En Afrique, les coups d’Etat se produisent, se répètent et perdurent. On serait presque tenté de dire que l’instabilité politique, les confiscations du pouvoir et les règlements de comptes relèvent de la normale. Après le coup d’Etat perpétré au Mali le 22 Mars, c’est au tour de la Guinée Bissau, d’enchainer le 13 Avril. Pendant plus de 50 ans la majeure partie des pays Africains sont partagés entre les coups d’Etat qui déstabilisent les régimes démocratiques et accentuent l’instabilité, d’une part, et ceux qui frappent les dictatures, la male gouvernance  et la corruption, d’autre part. Mais un coup d’Etat reste toujours un coup d’Etat et ses conséquences entament les acquits démocratiques. En tout, le continent noir a essuyé plus d’une centaine de coups d’Etat en un demi-siècle d’indépendance. 

Pour les démocrates, les coups d’Etat sont inacceptables car quelque soient leurs nature ils constituent une violation tacite de la constitution. C’est probablement dans cette logique d’idées que la communauté internationale monte toujours au créneau pour condamner les coups d’Etat.

On peut distinguer deux sources de coups d’Etats, selon les cas :

Dans le premier cas, les élections truquées, la mal gouvernance, la corruption, les fraudes massives et les violations répétées des constitutions sont entre autres les facteurs qui encouragent ces coups d’Etat. Quand le peuple n’a plus d’espoir, pour un avenir radieux et démocratique ; quand ils ont le sentiment qu’ils ne sont pas écoutés, que leurs voix ne comptent pas, quand ils ont le sentiment d’être condamnés à échouer ou subir des lois injustes, partiales et partisanes, ils sont gagnés par des idées anti démocratiques.

Prenons l’exemple du Burkina Faso. Dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, la majorité des citoyens ne votent plus, car ils estiment que tout est perdu d’avance. Le président du Burkina Blaise Compaoré qui était arrivé au pouvoir par le biais d’un sanglant coup d’Etat, utilise toutes les manœuvres frauduleuses et anti démocratique pour confisquer le pouvoir. De nos jours, pour les Burkinabés il n’ya aucun doute, leurs votes ne suffiront pas pour changer le destin de leurs pays.

Quand au Niger, le Président Mamadou Tandja, avait voulu tripatouiller la constitution pour s’éterniser au pouvoir. Contre vents et marrées, il était prêt sacrifier son peuple pour satisfaire sa boulimie du pouvoir.

En prenant le cas des dynasties Bongo au Gabon, Eyadema au Togo… et tant d’autres pays Africains, les voix des peuples ne comptent que pour faire de la propagande. Ces présidents, comme par miracle, ne perdent jamais aux élections. D’ailleurs certains l’emportent avec une large majorité des le premier tour. Ils n’ont même pas besoin d’un deuxième tour. On a vu, non sans stupéfaction, la « victoire » de plus de 82% de Blaise Comparé, au Burkina, lors de la dernière élection présidentielle. Nous avons les élections contestées et accompagnées de violence en Guinée, en République Démocratique du Congo, au Kenya, au Zimbabwe etc.

La communauté internationale ainsi que l’Union Africaine se sont tues, ou ont félicité et encouragé les auteurs de ces coups d’Etat électoraux. Les donneurs de leçons dans cette communauté internationale ferment leurs yeux et ne disent rien. Au mieux, sinon ils vont jusqu’à féliciter et encourager ces dictateurs qui gouvernent contre la volonté de leur peuple. Quand nous prenons un exemple sur les pays, où les fraudes massives, la répression et les violences barbares des forces de sécurité aident à l’élection des présidents, le peuple est frustré, les militaires conscients sont frustrés.

Malheureusement devant ces situations, la communauté internationale ne condamne jamais ces pratiques de gouvernance. Elle se soucie peu des ces mascarades électoraux, ces « hold up » électoraux, de ces coups constitutionnels et électoraux… Elle ne se soucie que de la stabilité des pays Africains, car c’est seulement dans cette pseudo stabilité, qu’elle peut épurer les ressources naturelles dont disposent ces pays africains, et faire fructifier leurs multi nationales au dépens des africains.

Dans  des tels pays une certaine frange de l’armée républicaine pourrait se sentir obligée de renverser le pouvoir en place, pour instaurer des reformes et redonner le pouvoir au peuple. Dans de tels régimes, une partie de la population pourrait se sentir investie de la mission de changer le cours de l’histoire de leur pays.

Le deuxième cas de coups d’Etat, c’est celui qui se prépare, souvent avec la bénédiction de certains pays étrangers  pour sanctionner un président « récalcitrant » qui refuse d’obéir aux ordres et aux commandes des Occidentaux. Ce sont ces présidents patriotes, mais qui ne satisfont pas aux velléités de ces puissances donneuses de grâce et de disgrâce. C’est dans cet état de fait, que le coup constitutionnel a été opéré au Mali, contre le Président Amadou Toumani Touré. Mais aussi c’est dans cette même idéologie que Blaise Compaoré avait pu se departir de Thomas Sankara (d’ailleurs qui avait reçu les menaces directes de Mr. François Mitterrand, président de la France d’alors), au Burkina Faso. Même scenario pour le coup contre Patrice Lumumba au Zaïre,… et tant d’autres dans le continent Africain. Ces coups là ont beaucoup plus handicapé l’Afrique. Ils ont porté sur des braves fils de l’Afrique soucieux de l’intégration et du développement du continent.

Par principe, il faut condamner les coups d’Etat dans les deux cas, et surtout avoir le courage de condamner les « hold up » électoraux.

Pour y remédier,

C’est bien de condamner les coups d’Etat, mais il vaut mieux de condamner les faits qui engendrent ces coups, qui sont à l’origine de ces crimes.

1).Il faut condamner les coups d’Etat électoraux, ne pas soutenir ceux et celles qui souhaitent diriger ou gouverner contre la volonté de leur peuple.

2).il faut encourager la transparence dans la gouvernance, le patriotisme des présidents africains. Il faut mettre l’accent sur la formation civique et morale des peuples afin qu’ils puissent accompagner la démocratie, refuser d’obéir aux lois injustes et partiales. Les peuples africains ont besoin d’éducation civique pour qu’ils puissent connaitre leurs droits et devoirs, pour pouvoir refuser les lois injustes, savoir comment choisir ses dirigeants sur la base des critères de compétences et non sur des considérations partisanes ou ethniques. Un peuple qui ne connait pas ses droits est facile à manipuler, à diviser et à instrumentaliser.  Plus de la moitié des ressources naturelles africaines ne sont pas encore exploitées, plus de la moitié de la population Africaine est encore jeune, les climats de l’Afrique sont les plus propices à l’agriculture. Voici tant d’atouts et des facteurs positifs qui permettent d’espérer à un meilleur futur pour les Africains.

3).Des Institutions solides, non des hommes solides. Des institutions garantissant les mêmes droits et devoirs à tous les citoyens. Un appareil judiciaire indépendant.

4).La politique en Afrique devrait être repensée avec l’avènement d’une nouvelle classe dirigeante, décomplexée et soucieuse des aspirations populaires. Enfin, une stabilité politique de l’Afrique exige une coopération respectueuse, solidaire et honnête avec les occidentaux. Les Africains doivent prendre leurs responsabilités pour écrire leur propre histoire politique sans ingérence ni influence. Seul ce choix responsable va leur permettre non seulement de se renforcer en termes de possibilités et d’infrastructures, mais aussi de jouer une partition responsable et respectée dans le monde.

5). Respecter les aspirations légitimes, des peuples, à la démocratie et à la liberté.

 Farougou mo Hadja Bintou

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TANT QU'IL Y A UNE POSSIBILITÉ POUR LA PAIX, N'OPTONS PAS POUR LA VIOLENCE. TANT QU'ON PEUT FAIRE DU BIEN N'OPTONS PAS POUR LE MAL.La Solidarité des Peuples est plus forte que l'egoïsme des Nations.
I believe that solidarity between peoples is stronger than the selfishness of nations...

FAROUGOU MO HADJA BINTOU

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